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Changer le monde...

Plus que jamais les fluctuations d’énergie se succèdent et bousculent nos consciences, ainsi que nos situations et ambiances de vie.

Si nous souhaitons une évolution progressive et régulière, où nous pouvons changer les choses en nous et autour de nous les unes après les autres, paisiblement, pas à pas, ou en empilant pierre après pierre, avec bien sûr des obstacles et des difficultés ; mais que nous parvenons à identifier et définir, puis à en trouver la résolution harmonieuse (résolution, non solution, car la solution appelle toujours un nouveau problème, tandis que la résolution nous aide à sortir du cycle des problèmes…) ; pouvant évaluer notre avance dans une continuité à peu près mesurable, du moins sensible… Avoir une idée du chemin accompli, et pourquoi pas de celui qui reste, du moins à titre individuel ? Si nous devenons aptes à distinguer les moments de choix, à faire celui de la lumière si nous en avons envie, et dès lors œuvrer pour celle-ci, sans trop d’ambiguïtés ni d’erreurs ; en voyant que les résultats correspondent au sens de nos efforts ; si nous pouvons aller vers les autres et que notre main tendue soit reconnue pour une main tendue, et non pour une agression…

Si la haine et la colère se calmaient un peu et nous laissaient en paix, si elles reconnaissaient notre bonne volonté et l’acceptaient ; si les hommes comme les sociétés cessaient de vouloir immédiatement profiter de ce qu’ils peuvent saisir, sans penser au partage, sans penser à ceux qui les suivent, ni aux autres créatures ; si les aberrations de conscience, de politique, de non-gestion d’un patrimoine qui ne nous appartient pourtant pas pouvaient être enfin remplacées par le bon sens et l’équilibre ; si l’intelligence vraie pouvait enfin régner et s’allier à la sensibilité et à la créativité pour créer ce paradis qui nous est accessible, à la place de cet enfer dont on nous rebat les oreilles (mais, dans quelle mesure existe-t-il, ou est-il une fabrication des médias au service des pouvoirs qui nous manipulent ?) ; si... si…

Si nous aspirons à tout cela, et que nous avons le sentiment d’assister à et de subir de plus en plus une dégringolade qui va à l’encontre de ces objectifs, si l’évolution que nous voulons vivre semble s’agiter dans tous les sens sans acquisition réelle, et même en allant à contre-courant, détruisant ce que nous avons réussi à construire auparavant, comment le comprendre, et comment réagir ?

Où est l’erreur ? Y en a-t-il une ? Ou le monde est-il destiné finalement à s’écrouler, comme tous ces augures catastrophistes aiment à l’annoncer ?

Ou bien est-ce une ultime mise au défi, comme d’autres aussi le disent, le dernier sursaut avant le changement ?

Ces dernières années la question s’est souvent posée, entrecoupée de phases d’espérance vraie, où il semblait que le « bien » allait triompher du « mal », que les gens comprenaient enfin, et faisaient basculer l’univers du côté de la lumière, définitivement ; les apparences contraires n’étant que des résidus de l’ancienne énergie, appelés à disparaître prochainement, jetant leurs derniers feux avant de retomber vidés de toute substance.

Puis d’autres moments d’éclipses survenaient, où la lumière semblait éteinte, épuisée, même vaincue ; le « mal » triomphant partout sur terre, les souffrances, les tueries, les horreurs, la cruauté reprenant le dessus tels des démons ricaneurs, nos pires cauchemars…

Une parenthèse, vous avez remarqué les mots qui viennent dans ce texte pour décrire la négativité ? « cauchemars », « démons », « enfer »…

Ce sont des mots issus du bas-astral, d’un monde à la Jérôme Bosch. D’où l’idée qu’on ne parle pas vraiment d’une lutte entre les grands principes du Bien et du Mal, la Lumière et l’Ombre ; mais plutôt d’une traversée des couches de l’émotionnel souffrant, celles-ci étant bien éloignées de tout grand principe. Le résultat (et non la cause) des millénaires de violence sur notre terre, de nos propres peurs, de nos résistances à nous-mêmes. Ce serait le signe qu’il s’agit de mémoires d’expériences non clôturées que nous sommes en train d’évacuer, et non d’un hypothétique et éternel combat entre les forces de base de l’univers. Ce n’est pas tout à fait le même niveau. Cela suggère également que ce nettoyage peut être accompli complètement à un certain moment, tandis que la lutte Ombre - Lumière serait intrinsèque à la manifestation. Ne le prenez pas comme une assertion ou une vérité, mais simplement comme un autre regard sur cette situation, qui en fait émerger d’autres aspects.

Fermons la parenthèse.

Ce phénomène d’alternances entre le progrès plein de promesses et la décrépitude involutive est général, et sans doute depuis le début des temps. Aussi on peut se demander et craindre que l’on soit à nouveau devant un tel processus, et que l’on fera le yoyo encore pendant bien des temps, l’éternité sans doute, à moins de notre anéantissement, lequel semble par ailleurs se rapprocher à grands pas et être une forte probabilité, sinon une inéluctabilité.

Rentrer dans cette croyance, que les choses alternent sans possibilité de réelle évolution, est une des façons de maintenir cette alternance. Et ne nous y trompons pas, notre pouvoir dans ce sens est majeur : la réalité qui se construit l’est en résonance avec les croyances dominantes des personnes éveillées ou en passe de l’être.

En conséquence nous avons à développer notre lucidité, dans la plus claire vision. Car nous qui nous intéressons à ces sujets, nous faisons partie de ces personnes en phase d’éveil, même et surtout si nous pensons qu’il nous reste un grand chemin à faire. Nous sommes responsables de nos idées et de nos points de vue, et nous devons maintenant prendre conscience de ceux-ci, et de leur impact sur l’état du monde, à quelque niveau que ce soit, même minime (comme un bulletin de vote est dérisoire en lui-même, mais change tout par l’addition des individus ; de plus, certaines élections se jouent à un très petit nombre de voix, et c’est sans doute ce qui se passe en ce moment dans l’énergie globale). Et de la façon dont nous percevons les choses, de cette façon elles évolueront.

Et n’oublions pas la notion de masse critique, le phénomène du centième singe : quand un certain nombre d’individus apprennent un certain comportement intéressant (pour les singes, il s’agissait de laver les patates douces, ce qu’ils ne savaient pas faire au départ, et qu’une seule petite singe plus maligne a d’abord inventé), alors d’autres populations découvrent spontanément le même comportement, sans avoir été mis en contact d’aucune manière avec les précédents. Ceci n’est pas une jolie légende mais un fait scientifique avéré et vérifié. Le biologiste Rupert Sheldrake est parti de ce genre de phénomène pour créer son hypothèse des « champs morphogénétiques », à laquelle je vous renvoie, sur quoi l’on trouve facilement les informations et la liste des livres qu’il a publié sur le sujet.

De ce fait, du moment que nous avons entendu le moindre écho d’appel à l’éveil, il est de notre responsabilité de veiller à nos pensées et de les transformer. Vous vous souvenez de Peter Pan ? « Chaque fois qu’un enfant dit qu’il ne croit pas aux fées, il y en a une qui meurt ».

Chaque fois que nous disons - ou pensons - que nous ne croyons pas à l’éveil du monde, chaque fois que nous affirmons que « tout est foutu », l’énergie retombe un peu plus et quelques enfants ici ou là meurent de faim - ou s’étiolent dans le désespoir, tel est l’impact des pensées de chacun sur la pensée collective.

Mais chaque fois que nous affirmons -ou pensons - que le monde va changer, le cœur de l’humanité s’ouvrir, la conscience se répandre partout, alors l’énergie se décuple et effleure de nombreuses autres âmes, qui deviennent enfin aptes à s’ouvrir, l’amour triomphe un peu plus et contamine plus de personnes, nous rapprochant de la masse critique, celle qui amènera une généralisation de l’éveil de la conscience, un basculement de l’énergie… Sans doute le travail ne sera pas fini d’un seul coup, mais il avancera tout autrement, à grandes enjambées, et fera définitivement sortir l’évolution globale de ses allers et retours sans fin entre des polarités écartelées dans la dualité.

Bien sûr j’ai l’impression de me répéter en parlant ainsi, et ce ne sont pas des scoops. Toutes les personnes qui ont fréquenté un jour ou l’autre la pensée créatrice ont une idée de tout cela. Cependant la répétition est le seul moyen de nous faire enregistrer cela, tellement les conditionnements sont comme l’hydre à mille têtes (au moins…), qui repoussent dès qu’on les coupe.

Ainsi la proposition du jour est bien de lâcher les scepticismes, les désabusements, les lassitudes, et les désespérances, de les dissoudre et de transmuter leur énergie pour recréer une solide affirmation dans le genre : « quoiqu’il survienne, malgré tous les aléas et les apparences contraires, je crois à la lumière et à son pouvoir d’illumination du monde ». On ne demande à personne de nier la réalité objective dans une utopique schizophrénie, un déni délirant, mais de recadrer la conscience et de la focaliser sur les faits lumineux du monde. Cette réalité-là existe aussi, toute aussi objective, et il s’agit de la renforcer pour qu’elle puisse passer le seuil qui la rendra dominante sur l’autre réalité ; laquelle est constamment nourrie et montée en épingle par les discours officiels et répétée par les millions de voix des communications médiatiques. C’est à nous de faire ce choix, nous sommes ceux qui pouvons réorienter la réalité manifestée dans le sens que nous désirons ; les personnes qui ne sont pas encore dans la conscience se laissant plus facilement piégées par le discours ambiant, et manquent du recul nécessaire pour mettre en place la lucidité et le discernement nécessaires.

Donc il nous faut maintenant refuser les facilités mentales, la course automatique des pensées, vers les habitudes de vision pessimiste et négative sur l’évolution du monde et de l’humanité. C’est la seule façon de participer à l’avènement de la lumière.

En ce sens, le fait d’être conscient et militant des causes diverses qui animent les gens de cœur, comme les problèmes d’écologie, de société, de mondialisation, de politique, devient ambigu. Oui, il faut dénoncer l’injustice, alerter sur les persécutions que subissent bien des peuples, sur les dommages causés à la planète, sur la souffrance des animaux et la destruction des écosystèmes ; oui, il faut veiller à ne pas laisser s’établir dans nos pays les dictatures de tous bords.

Mais, il faut aussi veiller à ne pas s’acharner obsessionnellement sur des visions sombres, qui sont les manières directes de renforcer ce que l’on voudrait éradiquer. Combien de textes militants, qui visent à secouer les consciences, à prévenir l’opinion publique, ne fabriquent au final qu’un constat d’impuissance et de désespoir, ne font qu’asséner de la peur, encore de la peur, de plus en plus de peur ! Ils sont réactifs et agressifs, critiques, mordants, et atteignent l’opposé de leur but. Je sens que c’est la lassitude et le rejet de ces discours et de ces méthodes, la perception de cet effet pervers, qui a poussé la France à choisir le programme et le personnage qui affirme et dit « oui, je veux », une affirmation positive, porteuse d’une énergie même si elle est mensongère et manipulatrice, alors même qu’une courte analyse dénonce rapidement le potentiel destructif de ce choix pour un grand nombre de ses électeurs des classes populaires.

Seulement, l’autre discours - la gauche, l’écologie, même hélas les alternatifs - voué au départ à créer un âge d’or, le fait en des termes qui génèrent directement encore plus de destruction et de désespoir, des termes implicitement défaitistes. En tout cas c’est ce que l’on ressent en les écoutant, en les lisant. Les explications techniques, si elles sont désespérées, ne mobilisent personne, car elles sont trop compliquées pour les non-spécialistes. Cela fait longtemps que personnellement, bien que votant à chaque élection, je ne lis plus les programmes que dans les titres, les faits, et j’évite le discours, duquel je n’échappe pas à l’effet.

Cette question reste posée, comment dénoncer les problèmes et aider à leur résolution, sans les aggraver en nourrissant leurs formes-pensées, et les égrégores qui leur donnent naissance ?

 

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