Nouvelle Lune du Scorpion 2011
La Nouvelle Lune du Scorpion a lieu le 26 octobre 2011 à 19h 56mn en temps universel, à 3° 03’ dans le signe. Elle est opposée à Jupiter et en sextile à Pluton, en trigone à Chiron, en quinconce à Uranus, quintile à Mars et semi-carré au Nœud Nord.
Par ailleurs cette journée marque le passage de deux aspects exact : le carré de Vénus Scorpion à Mars et le sextile de ce dernier avec Saturne. Saturne est entré dans l’orbe du trigone à Neptune et du quintile à Pluton ; Mars dans celle de l’opposition à Neptune, avec lequel le carré de Vénus (et de Mercure, qui lui est conjoint) se forme aussi. Je termine cet inventaire avec le semi-sextile exact entre Saturne et Vénus.
Ces différents aspects nous indiquent comment faire cette lecture du nouveau cycle lunaire dans le Scorpion : nettoyage, purification, transmutation, réorientation des énergies…
Nous savons que le Scorpion est le signe dans lequel la Kundalini s’éveille, et vient frapper à la porte de tous les chakras successivement. Si le passage est ouvert, net et pur, elle passe, et l’active. Elle parvient ainsi au chakra coronal et opérant la jonction terre et ciel, elle nous accomplit. Si le passage est fermé ou encombré, elle s’ensuit un blocage et un conflit de son énergie avec ce qui gêne. Ces blocages ou conflits se résolvent alors par des crises, qui selon le niveau en jeu peuvent se traduire par des difficultés énergétiques, émotionnelles, mentales ou spirituelles.
La Nouvelle Lune correspondant à l’union du Yin et du Yang, dans ce signe elle est particulièrement énergétique, potentiellement puissante et mutagène. Quelque chose coince-t-il encore dans notre champ personnel ? Quelles scories du passé continuent-elles de nous pousser dans un embourbage psychique ? Sont-elles lourdes, nous tirent-elles vers le bas ?
Si c’est le cas, et même si elles sont petites et légères, nous avons l’opportunité de nous libérer d’un bon paquet de celles-ci. L’opportunité car nous sommes devant elles, elles se présentent dans nos vies. Cette kundalini, réelle et/ou symbolique, toque à la porte des chakras et leur dit "Otez-moi ces obstacles que je vois là, ils m'empêchent de passer", et comme elle force un peu, ceux-ci sont poussés à l’extérieur, se matérialisent dans nos existences, en sorte que nous sommes amenés à les voir et à les vivre, si bien que nous pouvons maintenant en faire quelque chose.
Nous pouvons ne rien faire. Mais en ce cas, la pression reste là, et elle peut être dérangeante. Jupiter montre que les attachements à la matière, ou plutôt à l’illusion de ce serait la matière, se sont resserrés comme des nœuds sur lesquels on tire, et ils nous étranglent. Ils nous prennent à la gorge… De quelle illusion s’agit-il ? Fondamentalement, de la confusion entre l’être et l’avoir. Nous jaugeons notre bonheur à ce que nous possédons : « j’ai de l’argent, j’ai du travail, j’ai un partenaire, j’ai la santé… » et toutes sortes de choses que nous conjuguons avec le verbe avoir et non avec le verbe être. La formule juste serait : « je reçois et donne en abondance, j’œuvre à mon activité, je partage ma vie avec un partenaire, je respire la santé… ».
Est-ce que vous voyez bien l’idée : il ne s’agit plus de choses et d’objets que l’on a chez soi, ou dans des placards, ou dans un statut social, mais d’énergies, de sentiments, d’accomplissements dans lesquels on est actif et créatif. Le bonheur ne passe pas par des possessions de choses, mais par ce que nous ressentons au quotidien à travers les actes et les situations.
Or Jupiter nous a fait croire, ou plutôt il symbolise ici la façon, dont nous avons cru que posséder ces choses apporterait le bonheur, alors que le bonheur est un état d’être, vivant, qui se déroule au fil des activités d’une journée, de l’accomplissement des objectifs, des partages affectifs et spirituels.
Mêmes nos sentiments et nos émotions ont été piégés dans cette fausse vision, et nous parlons de ceux que nous aimons comme s’ils nous appartenaient, comme si nous avions un pouvoir sur eux (et eux sur nous). Nous parlons de nos idées et de nos convictions en disant « j’ai ce point de vue », et en oubliant que la pensée doit suivre le flux du temps pour rester juste et alignée.
On ne peut figer ces choses-là dans la matière, même subtile.
Le bonheur est de l’ordre de l’essence, il est indéfinissable. Il se repère sur des critères concrets bien sûr, comme la richesse matérielle ou la présence d’un partenaire, mais ce n’est pas son unité de mesure ; nous pouvons avoir tout cela, et ne pas être heureux.
Cette proposition de la Nouvelle Lune est de prendre conscience de cela, où est le véritable bonheur ? Qu’est-ce qui peut me rendre vraiment heureux ? Et de tourner notre énergie vers la bonne réponse, celle qui apporte vraiment le bonheur. Cela nous amène à lâcher prise sur toutes ces illusions de possession dans tous les niveaux, matériels, affectifs, mentaux, spirituels. Sortir de nos principes, de nos visions préétablies, de nos jugements.
Cela fait un bon moment que nous travaillons là-dessus, et ce mois-ci nous pouvons apporter beaucoup de réponses.
Où est ma véritable sécurité ?
De quoi ai-je vraiment besoin ?
Si je devais mourir demain, et que je regarde ma vie, quelle chose aurait-elle du sens ? Qu’est-ce qui me ferait dire que ça en valait la peine (si la réponse est rien, il est urgent de se mettre en recherche) ?
Et finalement, Qui suis-je ? Qui est ce je en moi, quand je parle ?
Car la réponse est là.
Peut-être certains vont-ils penser que le but n’est pas le bonheur…
Ah bon. Moi je crois que le but est le bonheur, et qui plus est le bonheur partagé, le bonheur pour tous. Il ne peut se vivre sans la présence spirituelle. Ni sans la reconnaissance du terrain de vie. J’ai tendance à penser que toute autre formulation est une fuite, une conjuration, ou une ignorance.
Lâcher prise sur ces possessions n’a jamais signifié renoncer et se retirer. Cela implique d’agir et de faire, pleinement et totalement, mais dans la liberté et sans s’attacher aux résultats. Ce n’est que dans ce lâcher-prise que l’on peut apprécier pleinement ce que la vie nous offre, biens matériels, amours et amitiés, enfants et parents, projets et réalisations, passions et détentes…
Simplement, nous ne nous identifions pas à ces choses-là, nous savons que l’Etre que nous sommes est bien plus que tout cela, qu’il est intemporel, parfait et complet, et qu’il n’a besoin de rien, mais qu’il apprécie tout.
Ainsi les personnes qui restent accrochées à ces illusions vivent de plus en plus de perplexité et de douleurs, d’incertitudes et de peurs. Il n’y a qu’en lâchant tout que la peur disparaît. Car, que pourrions-nous perdre ? Rien, puisque nous ne possédons rien. Et en même temps tout nous est donné, ou prêté si vous préférez, car nous n’emporterons avec nous que l’Essence, mais c’est elle seule qui a de la valeur et qui donne le goût du bonheur.
Et le bonheur est une propriété naturelle de notre part divine. Alors tout est bouclé, en cherchant notre bonheur, nous trouvons le chemin de l’âme, et elle nous illumine. Il faut juste cesser de courir après des illusions.


